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« their », « there » et « they're » se prononcent exactement pareil — la différence que vous cherchez à l'oreille n'existe pas

À force de travailler sa prononciation, on finit souvent par se faire une idée fausse : deux mots qui s'écrivent différemment doivent bien sonner un peu différemment — sinon, comment les natifs les distingueraient-ils ? Alors quand their, there et they're apparaissent dans la même phrase, la tentation est de vouloir marquer une petite différence à l'oral.

Mieux vaut abandonner ce réflexe. Le postulat de départ est faux.

Ce n'est pas une ressemblance — c'est une identité totale

L'anglais compte toute une famille de mots qui ne se ressemblent pas du tout à l'écrit, n'ont pas la même fonction grammaticale et ne veulent pas dire la même chose, mais se prononcent de façon rigoureusement identique :

En alignant ces mots, le schéma saute aux yeux : la différence n'existe que sur le papier. La plupart de ces paires sont des « jumeaux grammaticaux » — un seul son historique, que le système d'écriture a scindé en plusieurs formes pour marquer des fonctions différentes (préposition, adverbe, possessif, verbe contracté). Le système phonétique, lui, n'a jamais reçu le mémo.

Les distinguer n'a jamais été affaire d'oreille

Quand un natif entend there plutôt que their dans une phrase, il se fie à la structure et au sens de la phrase, pas à un indice acoustique caché — parce qu'il n'y en a aucun à décoder. Le même son identique peut légitimement apparaître trois fois de suite :

Their car is parked over there because they're busy.

Trois mots, une seule prononciation, /ðeər/ à chaque fois. Ce qui indique à l'auditeur de quel mot il s'agit, c'est ce qui précède et ce qui suit — quel type de mot doit suivre « car », ce qui doit précéder « busy » — rien qui se passe dans la voyelle elle-même.

Ce que ça change pour vous

Si vous avez pris l'habitude d'appuyer un peu plus sur their que sur there pour aider l'auditeur à les distinguer, vous faites quelque chose que les natifs eux-mêmes ne font jamais. Forcer une distinction qui n'existe pas donne souvent une impression de discours lu plutôt que parlé.

La vraie piste de travail va dans l'autre sens : prononcez ces mots de façon rigoureusement identique, et concentrez votre énergie sur l'accentuation des mots qui portent vraiment le sens dans la phrase — ici, car et busy, pas le ciment grammatical entre les deux. Cela explique aussi pourquoi on peut « comprendre chaque mot mais perdre le fil de la phrase » : on attend peut-être une différence de son qui n'allait jamais arriver, en laissant filer l'accent de phrase qui, lui, portait vraiment l'information.

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